RENCONTRE AVEC LE COLLECTIF DU PAYS DE BREST POUR LA CULTURE

, par  Panaget Christine

Cette rencontre s’est faite par l’intermédiaire de deux artistes des arts de la rue, membres de Dédales de Clown et Dérézo
Nous nous sommes entretenus pendant un bon moment hier sur différentes questions dont l’énoncé se trouve dans le courrier qu’ils m’avaient transmis.

Après un bref mais nécessaire rappel partagé de l’impact de la culture, qui doit toucher le plus grand nombre, sortir des griffes de la financiarisation à outrance, nous avons abordé plusieurs points liés aux questions du courrier précité.
Un des premiers points a concerné le régime (et non statut) de l’intermittence. La France Insoumise souhaite conforter et étendre ce régime. Je cite notre livret thématique (ici : https://avenirencommun.fr/le-livret-culture) : l’extension commence par la reconnaissance de tous les professionnels de la culture (écrivains, ....) en marge du cadre institutionnel pour garantir à tous des conditions dignes d’existence sur la base de l’accord du 28 avril 2016. Je vais plus loin dans la discussion en abordant le réseau salariat et la mise en commun des salaires dans la poursuite de la logique de la création de la sécurité sociale (mise en commun des cotisations sociales pour créer la sécu, les caisses de retraite, la caisse famille...) qui permettrait à chaque personne dès 18 ans d’obtenir un statut lui garantissant un salaire et un travail selon ses compétences, celles-ci pouvant évoluer au fil du temps. C’est tout un projet. Il concerne tout le monde et c’est ici : http://www.reseau-salariat.info ; ou dans ce récent article de Bernard Friot sur les dangers des remaniements à venir (https://www.politis.fr/articles/2017/06/csg-macron-et-la-cfdt-continuent-la-contre-revolution-rocardienne-37107). Ce statut protecteur reconnait la créativité et tous les travaux, domestique, bénévole, notamment chez les retraités et institutionnalise le salaire à vie, salaire de 1 à 4 ou 3, donc une échelle très resserrée par rapport au 1 à 20 du programme l’Avenir en Commun. C’est aussi dans le prolongement du statut à vie des fonctionnaires. Je rappelle que pour le moment cette sécurité sociale est mise à mal. Les salariés ont perdu du poids dans sa gestion et la mise en œuvre de la CSG dans ses recettes lui enlève encore plus d’autonomie avec le remplacement progressif de notre salaire mutualisé par un impôt. Autant d’acquis dont la logique historique et irremplaçable doit être rétablie, y compris la prédominance des représentants de salariés dans la gestion. Elle n’a de "paritaire" que le nom. Je n’ai pas parlé du 100 % Sécu du programme l’Avenir en commun qui permet déjà une couverture complète de tous à coût progressif en absorbant les mutuelles.

Parler de ces moyens étendus signifie parler de recettes. Celles-ci ont la vie dure puisque leur montant est en baisse constante et la culture est un des premiers postes affectés par l’austérité dans les collecttivités territoriales. Nous avons cité Quimper et le centre d’art contemporain, et Le Guilvinec, on peut aussi penser aux baisses de dotations brestoises. Pour l’Etat, nous passerons de 7 Milliards (1 % du budget de l’Etat) à 20 Milliards (1% du PIB). Nous avons deux leviers : supprimer les niches fiscales liées à l’argent-roi (la cour des comptes relève le niveau de plus en plus élevé qui atteint 90 milliards cette année) dont le mécénat. Puisque les œuvres sont presques entièrement payées par les contribuables autant que cet argent revienne dans des politiques publiques. On fait aussi payer l’ISF sur les œuvres. Tout cela nous permettra de reprendre la main avec les acteurs culturels sur la programmation des musées , équipements culturels...

On demande 10 % de budget participatif aux collectivités locales dans les crédits locaux consacrés à la culture. Cela oblige aussi à apporter d’avantage de concertation. Je rappelle pour l’occasion que nous avons l’intention de sortir du cadre des réserves parlementaires distribuées sous la houlette du député même s’il crée un collectif pour cela (nous supprimons cet emploi privé d’argent public).

Le deuxième levier c’est la proposition du passage des droits d’auteur dans le giron du domaine public. Cette idée émise par les auteurs de BD qu JL Mélenchon a rencontrés à Angoulême est une vieille idée puisque c’est Victor Hugo qui le premier y a pensé : il serait plus juste que cet argent revienne directement à la culture qu’aux héritiers d’un artiste.

Voilà, on est loin de 500 euros pour chaque jeune à 18 ans à dépenser dans le premier "centre culturel" venu.

On a aussi beaucoup parlé sécurité qui coûte très cher et pénalise fortement les Arts de la Rue. De plus cette sécurité est essentiellement privée. Je rappelle la nécessité de renforcer la police de proximité (nous recréons 10 000 postes dans ce secteur et nous équilibrerons par la fermeture de places en prison où végètent trop de jeunes pour lesquels nous avons un programme ambitieux) pour cela, pour certains quartiers qui le réclament. Nous ne voulons pas maintenir l’Etat d’urgence qui a peu d’efficacité sur les méthodes terroristes et met les équipes (police, militaires...) en tension permanente. Mais basculer des procédures établies par le préfet à celle d’un maire pose aussi problème car les maires ne peuvent assumer une responsabilisation à outrance, surtout dans les petites communes. Le problème reste entier si on ne se dégage pas de la responsabilité du maire pour laisser les gens venir en toute liberté de conscience. C’est d’ailleurs cela que le terrorisme veut atteindre en priorité sur nos territoires. A ce stade de la réflexion, je me demande comment on peut aller dans ce sens collectivement. La question reste ouverte.

On a abordé le 1% artistique que je pensais limité aux grands travaux de construction . Nous le faisons appliquer à tous les bâtiments publics construits, rénovés ou ayant changé d’affectation. Et nous l’étendons aux grandes constructions privées. Le 1% concernerait aussi les travaux publics comme les ronds points avec la loi LCAP (création, architecture, patrimoine) du 8 juillet 2016. ça peut faire beaucoup d’argent et je ne pense pas pouvoir m’engager sur ce point notamment sans connaitre l’aboutissement de l’article 3bis à ce sujet. Je m’engage en tous cas sur les 20 et quelques milliards que nous mettons en œuvre et les 1% Travaux Publics peuvent aussi bien rentrer dans ce cadre déjà large, mais cela doit être comptabilisé.

On a moins parlé de l’exception culturelle. C’est aussi développé dans notre livret sur la culture.

C’était une rencontre intéressante et constructive pour ma vision du rôle d’un(e) député(e) dont une part du travail consiste en ces rencontres en ce qu’elles permettent de découvrir des failles dans le système et travailler à y remédier.

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